Retour d'expérience sur la caméra qui a révolutionné le cinéma numérique. Témoignages de directeurs photo et analyse technique approfondie.
ARRI ALEXA 35 : Un an après, le bilan d'une caméra qui a redéfini les standards
Un an après sa mise sur le marché, l'ARRI ALEXA 35 s'est imposée sur plus de 200 productions majeures à travers le monde. Films de festival, séries premium pour les plateformes de streaming, publicités institutionnelles... Le bilan est sans équivoque. Mais derrière les chiffres, que disent vraiment ceux qui l'utilisent au quotidien ?
Le capteur ALEV 4 : Une révolution discrète mais fondamentale
L'ALEXA 35 embarque le quatrième capteur ALEV (ARRI Large Extended-format Video) d'ARRI. Sa résolution effective de 4,6K (4608 x 3164 pixels) en format Super 35 n'est pas le chiffre le plus impressionnant sur le papier. Ce qui l'est, c'est sa plage dynamique : 17 stops d'exposition mesurés de manière indépendante par plusieurs laboratoires en 2025 — un record absolu pour une caméra de production.
Pour le directeur de la photographie, ces 17 stops signifient concrètement ceci : filmer une scène avec à la fois une fenêtre très lumineuse en arrière-plan et un visage en ombre partielle, sans sacrifier l'un ou l'autre. La peau humaine a un rendu organique qui résiste à l'étalonnage le plus poussé. C'est ce que les DP appellent le "headroom", et l'ALEXA 35 en offre plus que tout ce qui existe actuellement.
Témoignages de directeurs photo
"C'est la seule caméra sur laquelle j'ai pu travailler un nuit américaine en extérieur et récupérer les détails du ciel en post sans que ça ressemble à du bruit. Le capteur pardonne des décisions d'exposition que les autres caméras n'auraient pas acceptées." — DP, co-production franco-belge, 2025.
"La gestion thermique est exemplaire. Sur des journées de 12 à 14 heures de tournage, en 4K 60fps, aucune interruption. C'est une caméra de travail au sens le plus noble du terme." — Chef opérateur, série Canal+.
L'écosystème optique et les limites à connaître
L'ALEXA 35 est disponible en monture LPL (Large Positive Lock) et PL. L'accès aux optiques de cinéma haut de gamme (ARRI/ZEISS Master Prime, Leica Summilux-C, Cooke S7) est naturel. En revanche, l'utilisation d'optiques photo adaptées (Canon, Sony, Sigma) demande des adaptateurs et peut générer du vignettage sur grand format.
Le format Apple ProRes LOG C3 génère des fichiers de 1 à 2 To par heure de rushes en 4K. La gestion du stockage et des backups sur un tournage long métrage représente un coût logistique réel à intégrer dans les budgets.
Positionnement marché en 2026
L'ARRI ALEXA 35 se loue entre 1 500 € et 2 500 € par jour en France (corps nu, hors accessoires). Son achat est réservé aux sociétés de production ou de location ayant un plan de charge suffisant pour amortir l'investissement. Face à la RED MONSTRO 8K (en baisse de prix) ou à la Sony VENICE 2, elle garde une position de leader incontestée pour les productions nécessitant la meilleure qualité d'image disponible.
Conclusion
Un an après son lancement, l'ARRI ALEXA 35 n'est pas une hype qui s'est essoufflée. C'est une caméra qui confirme chaque semaine sur des tournages exigeants ce que ses specs annonçaient. Elle est chère, elle est lourde avec ses accessoires, et elle n'est pas faite pour tout le monde — mais pour les productions qui ont besoin du meilleur, elle reste la référence absolue.